BDSM : Vous avez dit safeword ?
Prévention BDSM - Face à la démocratisation des pratiques sexuelles de "Bondage, Domination/soumission, Sado Masochisme", une série d'articles vous informe sur la nature de ce type de relation et ses dangers potentiels.

Comme son nom l'indique, le safeword est un mot d'arrêt destiné à préserver l'intégrité physique et mentale de la personne soumise.
Lors d'une séance, si elle se trouve en situation de souffrance intolérable, une soumise peut prononcer le safeword. Si la douleur est une sensation recherchée dans la grande majorité des séances D/s de type SM, il n'est pas rare que la témérité de la soumise lui fasse surestimer sa capacité à encaisser celle-ci ou que le dominant évalue mal ses limites. Dans tel cas, elle n'aura qu'à prononcer le mot qui mettra fin immédiatement à la séance. Tout cela paraît évident, mais nous verrons que tout n'est pas aussi simple et que, dans certains cas, un safeword n'est ni utile ni conseillé.
Du ou des safeword ?
Certaines littératures érotiques ou témoignages évoquent un système de gradation du safeword, système traduisant le degré de tolérance à la douleur de la personne soumise et lui permettant d'indiquer au dominant les différents stades de supportabilité qu'elle traverse. Les codes couleur, vert, orange, rouge, sont les plus utilisés pour traduire cette gradation. Vert pour indiquer que les coups peuvent continuer à pleuvoir et même s'intensifier, orange pour signaler une zone de délicatesse, rouge pour interrompre immédiatement la séance. Pour le dominant, cette méthode présente l'avantage d'évaluer en temps réel, les dispositions physiques et mentales de sa partenaire et donc d'éviter à celle-ci d'avoir à prononcer le safeword rouge, situation souvent mal vécue pouvant générer un sentiment d'échec et de honte. Se présente donc la question de la confiance quant à la qualité d'écoute et les capacités de discernement du dominant.
Et quand on ne peut pas parler ?
Dans des scénarios où la soumise est bâillonnée et donc dans l'impossibilité de formuler quoi que ce soit, le signal sera plutôt gestuel, un mouvement de la tête, un foulard tenu dans la main qu'on laissera tomber au sol (demande tout de même une certaine maîtrise, ce qui n'est pas toujours évident), ou tout autre signe rendu possible par la situation.

Quoi qu'il en soit, l'un des écueils du principe de safeword, formulé ou non, peut être l'hésitation, voire le refus de la personne soumise de l'utiliser, soit qu'elle désire se montrer à la hauteur, se surpasser, plaire à son maître/maîtresse, soit qu'elle craigne ce faisant de mettre la relation en péril. Une dominatrice intervenant sur un forum dédié au sujet avertit :
Il faut savoir que certains dominants "manipulent" de façon nuisible la notion de safeword. "Tu as un safe, tu peux le donner, mais réfléchis bien, si tu le f [...]
