Dormir ensemble, la fausse bonne idée ? (2/2)
Parce que la nuit n’est pas un temps inerte, nombre de désagréments viendront parasiter le dormir ensemble et par ricochet la vie du couple. C'est pourquoi le lit conjugal, sur lequel les jeunes couples projètent nombre de fantasmes, se révèle souvent comme l'élément le plus perturbateur de leur aventure intime.

Les douces chimères du lit conjugal.
Si la culture du dormir ensemble s’est établie sur des bases essentiellement pragmatiques, l’Église catholique l’a formalisée, aux alentours du 13ème siècle, via le concept de « lit conjugal », avec un objectif précis : exercer un contrôle sur la sexualité de ses fidèles et imposer le respect des liens sacrés du mariage. Malgré la perte d’influence du religieux dans la gestion de la vie civile, le lit double est demeuré le meuble essentiel de la chambre à coucher et aujourd’hui quasiment tous les couples dorment ensemble sans songer à interroger sa légitimité. Lieu consacré au sommeil, à l’intimité du couple et l’exercice éventuel de la sexualité, le lit conjugal propose une expérience du dormir qui ne va pas de soi et se trouve à l’origine de nombre de mésententes conjugales.

Chambre à coucher à Arles. Vincent van Gogh. 1889.
Les rituels d’endormissement, des amis sournois.
Pour la plupart d’entre nous, l’enfance a donné lieu à l’établissement de rituels d’endormissement. Se mettre en pyjama avant que l’un des parents ne raconte une histoire est certainement le plus commun d’entre eux. Parce que la chambre des enfants est généralement coupée de celle des parents, la nuit, vécue comme une séparation, un abandon à ses terreurs, porte une forte charge d’anxiété. Le rituel d’endormissement est donc un sas de transition qui doit insuffler un sentiment de sécurité, apporter la rassurance dont l’enfant aura besoin pour trouver le sommeil. Si à l’âge adulte nous n’avons plus besoin de la petite histoire du soir, il n’en demeure pas moins que l’empreinte mnésique dans laquelle la nuit est associée à l’inquiétude, nous incitera à conserver un usage du rituel avant d’éteindre la lumière et de fermer les yeux.
Le rituel du pyjama.
C’est généralement à partir de 7 ans que s’opère la mutation des gestes ritualisés de l’endormissement infantile. Lire, se poser devant un écran, se démaquiller, se laver, grignoter au lit, prendront le relais, sans doute la vie durant, à la prépa [...]
