Dormir ensemble, la fausse bonne idée ? (1/2)
Pourquoi, au prétexte que nous nous aimons, faudrait-il dormir ensemble ? Souvent admise comme le symbole de l'harmonie relationnelle, la tradition du lit conjugal n'est-elle pas source de plus de désagréments que de plaisirs partagés ?

Dormir dans la même pièce et le même lit : une question d'amour ?
Dans le domaine des mésententes de couple, les interrogations, les suspicions, se focalisent spontanément sur les éléments constitutifs du quotidien : horaires de travail, partage des tâches ménagères, éducation des enfants, gestion du budget, communication, attention portée à l’autre, passions communes et sexualité. Que ceux-ci aient le potentiel de détériorer la relation est une réalité qui ne peut s’exonérer de quelques aménagements. Souvent oublié de la démarche diagnostique, le dormir ensemble, qui représente un bon tiers du temps de la vie en commun, est un facteur qui joue un rôle majeur dans l'histoire du couple.
Un héritage multimillénaire.
Dans son acception la plus large, le dormir ensemble a pendant des millions d’années réuni dans la promiscuité d’un gîte naturel, la totalité des membres d'un même clan. Ce n’est qu’au cours du paléolithique inférieur que la lignée homo, poussée par la nécessité de s’abriter en toutes circonstances, entreprend de construire ses propres abris. Les plus anciennes cabanes connues, situées non loin de Nice sur le site archéologique de Terra-Amata, ont entre 350.000 et 400.000 ans. Homo erectus, Homo hedelbergensis, dénisoviens, néandertaliens et premiers Homo sapiens procèdent durant les paléolithiques moyen et supérieur, à l’amélioration des modes de protection du sommeil et laissent de multiple traces de leur capacité à sophistiquer sans cesse leur habitat nomade. En matière d’organisation sociale, ces évolutions motivées par la recherche de « confort » et de sécurité, auront des co [...]
