Elsa Rouy, le malaise d'une génération
Effusion de sang et de larmes, éjaculats de lait et de sperme, pénétrations extravagantes, jouissances mélancoliques, affliction et tristesse : Elsa Rouy dresse un tableau aussi caustique que lucide du chaos engendré par la perte du sens qui affecte les relations intimes.

Dans l'air du temps d'Elsa Rouy
Performances coïtales en mode porno, aspiration légitime à l’égalité orgasmique, érotisation de la violence, déconstruction de la masculinité, hypersexualisation des femmes, féminisme militant, la génération Z subit de plein fouet les effets anxiogènes de ces injonctions, tendances et ambitions contradictoires. Par ailleurs, l’abolition des repères de genre, l’érosion du modèle monogame, la mise au rencard de la norme hétérosexuelle, la redéfinition des modes de rencontre, qui contribuent d’un côté à l’émergence d’un champ d’expérimentation inédit, concourent d’un autre côté à multiplier les errances et les désillusions relationnelles. À l’instar des conséquences de la libération sexuelle des années 70, ce sont d’abord les femmes, et notamment les plus jeunes d’entre elles, qui font les frais de cette révolution des paradigmes sexo-relationnels. Alexandra, 25 ans, confie : « Presque toutes mes amies et moi-même, avons connu des relations sexuelles pénibles, voire traumatisantes, avec des garçons imbibés de fantasmes pornographiques. Aujourd’hui j [...]
