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Le consentement sexuel

Par Eric Royer
Le consentement sexuel

Le consentement, l'indispensable sésame.

Dire que la condition indispensable à toute relation sexuelle est le consentement semble aller de soi, pourtant, les affaires d’agressions sexuelles qui ont émaillé l’actualité de ces derniers mois, ont remis sur le devant de la scène cette notion pourtant indissociable des relations intimes. Mais comment peut-on définir le consentement ?

Le consentement est un accord passé entre des personnes qui désirent s’engager dans une activité spécifique de nature sexuelle ou non. Le consentement doit être donné librement, il ne peut en aucun cas être valide s’il est obtenu par la contrainte, il peut aussi être révoqué à tout instant car il n’a pas de caractère intemporel. Le consentement doit se matérialiser via un agrément exprimé par des mots et/ou des actes ne laissant pas de place à l’interprétation. La bonne communication entre les amants est de fait essentielle à la réussite de leur projet érotique et son expression verbale reste la plus adaptée pour signifier clairement le consentement. L’adage selon lequel "celui qui ne dit mot consent" ne saurait donc s’appliquer dans le cadre des relations intimes. Le consentement ne saurait non plus être implicite comme on l’a longtemps supposé entre deux personnes mariées. 

La culture du viol nous abreuve de poncifs sur le consentement sexuel présumé des femmes, et nombreux sont les hommes qui s’autorisent encore à prendre un non pour un oui et à voir par exemple dans une tenue vestimentaire un peu légère, le signe d’une ostensible ouverture aux rapports sexuels. Il est bien évident qu’une telle façon de penser le consentement ne peut déboucher que sur des distorsions entre le désir des uns et le vouloir des autres. Les événements concomitants d’agressions sexuelles qui ont créé une conjoncture sans précédent de chocs médiatiques, ont montré l’étendue du malaise qui frappait les relations homme-femme. Que chacun d’entre nous soit en mesure d’apprécier quand une personne exprime, par ses actions explicites et implicites, la volonté claire d’avoir des relations intimes est plus que souhaitable, mais la réalité nous rappelle que le plus souvent, le consentement prend la forme d’une présomption et non d’une certitude. Car en dehors d’un oui franc et net, rien n’est moins sûr que la lecture du langage corporel pour déterminer si une personne est consentante, et une mauvaise interprétation de celui-ci conduit inévitablement à confondre désirs et réalité.

Finalement, un consentement sexuel sans ambiguïté à vivre une expérience sexuelle dont on a parfaitement intégré tous les tenants et aboutissants, ne peut être validé que par un oui enthousiaste clairement exprimé. C’est pourquoi il est indispensable que le "demandeur", s’assure par des questions simples que sa ou son partenaire consent à ses propositions. On pourrait croire à tort que la démarche es [...]

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