Les Fuck Paintings de Betty Tompkins
Qui pénètre, qui engloutit ? Qu'en est-il de l’iniquité homme-femme face au désir, à la jouissance ?

Au delà du porno.
Betty Tompkins a patienté 30 ans avant que son talent ne soit identifié. Si elle est aujourd'hui une artiste reconnue, pour la pertinence artistique d'une démarche centrée sur un détournement de l’iconographie pornographique, elle a subi jusqu'au crépuscule du 20ème siècle la censure ainsi que l’ostracisme des critiques d’art et des galeristes.

Fuck Painting #7
Dans le New-York des années 70, les plasticiens bankables sont pour l’essentiel des hommes blancs dans la quarantaine. Betty Tompkins est une jeune femme tout juste diplômée. Ses premiers contacts avec les marchands d’art ne lui laissent que peu d’espoirs. Systématiquement on lui suggère de revenir plus tard, quand elle aura trouvé sa voie... Par chance le quartier de SoHo, et ses usines abandonnées, offre des opportunités pour la création d’espaces d'exposition alternatifs. Elle en profite et décroche son premier vernissage collectif. En 1973 elle est invitée pour une exposition parisienne, mais ses « Fuck Paintings » sont bloqués par les douanes françaises qui ne goutent guère leur caractère licencieux. Toutefois, cet incident l'incitera à changer de registre, d’expérimenter d’autres idées, qui lui ouvriront une première fenêtre de visibilité.
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