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MissMe, l'empreinte d'une époque

Street-artiste engagée dans un combat féministe, MissMe produit des œuvres puissantes qui portent un message clair : " La féminité est un spectre immense qui s'étend bien au-delà des canons de beauté."

Par Eric Royer
MissMe, l'empreinte d'une époque

L'art de l'engagement politique.

L’appropriation de l’espace urbain à des fins artistiques revendiquées est une des émanations de l’underground new-yorkais des années 70. La genèse du mouvement est cependant attribuée à Daryl McRay de Philadelphie, alias Cornbread, tagueur de la fin des années 60. À première vue anecdotique, le tag se révèle être un excellent outil d’expression politique pour les populations ghettoïsées. Car plus qu’une simple trace, c’est un moyen d’imposer sa présence et d’affirmer son existence au-delà de son propre espace social. Cornbread le comprend le premier. Ses tags font des émules et forment une communauté qui s'engage dans une prolifique compétition. Les tagueurs rivalisent d'inventivité graphique et développent des techniques de plus en plus sophistiquées. Les tags se transforment en graphs, de véritables œuvres d'art qui révolutionnent le paysage urbain.

En prenant la rue, les arts plastiques redécouvrent la liberté de créer, affranchis de la tutelle des galeristes, marchands et critiques d’art. Liberté plastique, liberté de dire ou de hurler si nécessaire. Au cours des années 90, l’art urbain explose et les villes se couvrent de ses productions. La rue redevient un espace où s’expriment avec force, humour et poésie, toutes sortes de revendications : anarchistes, an [...]

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