Orientation sexuelle et génétique

Que doit-on penser de la recherche génétique lorsqu’elle entend trouver des preuves que l’orientation sexuelle est question de génome ?
Est-il nécessaire de savoir ce qui détermine l’homosexualité ou toute autre orientation qui ne sort pas de la matrice hétérosexuée ? Quelles pourraient être les conséquences d’une mise en évidence de facteurs génétiques homosexuels, bisexuels, transgenres ? Que nous raconte cette volonté de trouver des explications rationnelles aux orientations sexuelles ?
Dans les années 90, Dean Hamer, éminent généticien américain, entamait un cycle de recherches sur la génétique des comportements humains. En 1993, il publiait un premier article dans lequel il affirmait que les familles maternelles des hommes gays comportaient une proportion élevée de membres homosexuels. Il posait alors l’hypothèse que l’orientation sexuelle était déterminée par des facteurs purement génétiques hérités de la mère. Avec ses assistants, il entreprit d’étudier le chromosome sexuel X, toujours d’origine maternelle, de 40 paires de frères homosexuels. Si la sélection des candidats fut faite de manière à garantir les meilleures chances de détection d’un facteur génétique corrélé à l’orientation sexuelle, Hamer et son équipe prirent soin de préciser qu’en aucun cas les "sélectionnés" n’étaient censés représenter la communauté gay dans son ensemble.
Le résultat de leur étude montra que dans 80% des cas, les frères homosexuels présentaient des marqueurs génétiques identiques sur une région particulièrement mal connue du chromosome X, nommée Xq 28. Ces marqueurs - qui sont des balises ADN permettant aux chercheurs de se repérer dans l’interminable molécule - sont tellement variables d’un indi [...]
