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Aphrophobie ou la peur du désir sexuel

L’aphrophobie peut se révéler aussi bien à l’égard de son propre désir que de celui d’autrui. Les personnes souffrant de ce trouble de la sexualité ne supportent pas d’être sujettes au désir et sont en proie à des crises d’angoisse, des étourdissements, des vomissements dès qu’elles en ressentent ses manifestations.

Par Eric Royer
Aphrophobie ou la peur du désir sexuel

Les aphrophobes ou le désir contrarié.

Si la sexualité, composante naturelle de la vie, s’exprime d’évidence pour la quasi-totalité des espèces vivantes, pour les humains elle est source de nombreuses problématiques et de nombreux facteurs peuvent être causes de son dysfonctionnement. Par exemple, l’addiction sexuelle, phénomène typiquement humain, peut conduire à des comportements à risque pour le sujet et son entourage quand l’anxiété ou l’angoisse de la performance sont susceptibles d’entraver le bon déroulement des rapports sexuels. 

La transgression primordiale, en tant que perversion qui a détourné la sexualité de sa vraie nature, de son mode originel et reproductif vers un mode secondaire et jouissif, a transformé les humains en explorateurs d’une terra incognita aussi fabuleuse que dangereuse. Apprivoiser cette nouvelle sexualité n’a sans doute pas été simple et l’invention des tabous et interdits nous rappelle que les groupements humains ont subi ses expressions les plus destructrices, tel l’inceste, avant de mettre en place des garde-fous salvateurs. Le contrôle social de la sexualité certainement nécessaire pour assurer la pérennité des sociétés, s’est souvent appuyé sur l’idée que le sexe, en dehors de la reproduction, devait inspirer un dégoût d’autant plus fort que les pratiques étaient éloignées de son but élémentaire. De fait, les comportements homosexuels, le libertinage, le SM, la masturbation, la fellation, la sodomie, furent frappés du sceau de l’infamie et condamnés à ce titre à subir l’opprobre du peuple et parfois les foudres de la justice. Si la libération sexuelle a insufflé une nouvelle vision du sexe, l’idée qu’il est dégoûtant, sale, reste bien ancrée dans la mémoire collective et produit encore des ef [...]

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