Charte de l'Écosexologie : pour une nouvelle sexologie
Le projet Osphères, dans la perspective d’une autre sexologie, a produit une réflexion et alimenté un corpus de textes balayant l’ensemble des sujets liés à la sexualité, l’amour, l’érotisme, sur les plans émotionnel, fonctionnel et sociétal. Cette perspective se nomme aujourd’hui "Écosexologie".

Mieux se connaître, pour mieux s'aimer
Qu'en est-il de la sexologie ?
Si les pionniers* de la sexologie ont eu l’ambition d’en faire une discipline autonome, sa confiscation par la sphère médicale en a réduit l’identité à une sous-catégorie de la médecine. Avec cette double conséquence : l’érosion des fondations humanistes de la sexologie et la précellence accordée à la conception mécaniste des rapports intimes. Une nouvelle donne qui a ouvert la voie à la commercialisation du Viagra pour la dysfonction érectile, de la Flibansérine et de la Kisspeptin pour les troubles de la libido féminine et bientôt à celle d’une pilule pour l’anorgasmie. Ainsi, l’étiologie des affections de la sexualité érogène se concentre-t-elle maintenant sur le champ réduit des altérations physiologiques, s’exonérant par là même d’examiner l’environnement, l’histoire et le vécu émotionnel de l’individu, autrement dit les composantes essentielles de sa constitution psychique. La rationalisation scientifique de l’humain a pris le pas sur l’analyse circonstanciée de ses comportements. Alors que reste-t-il de la consultation sexologique ? : un entretien succinct qui répond par la prescription à la demande de restauration rapide, et à moindre coût pour le thérapeute, de la faisabilité du rapport sexuel. Mais pour autant que la chimie soit en mesure d’effacer le symptôme, de redonner un semblant de [...]
