Circoncision

Être ou ne pas être circoncis, la question fait débat.
La circoncision, du latin circumcisio, qui signifie "couper autour" est pratiquée depuis la nuit des temps, les plus anciens témoignages attestés datant de 2350-2000 av. J.C, et clairement représentée sur des hiéroglyphes de tombeaux égyptiens. Mais il fut difficile aux historiens d'en déterminer l'exacte origine, tant les divers peuples se sont mutuellement inspirés. Même Hérodote, "père de l'histoire" (Vème siècle av. J.C) y perdait son latin, avouant ignorer qui, des Égyptiens ou des Éthiopiens, avaient pris cette coutume des plus anciennes aux autres. (Histoire, II). Ce que l'on peut retenir de la circoncision, c'est qu'elle était à l'origine une pratique avant tout religieuse, rituelle. Selon Voltaire, rapportant un voyage de Pythagore en Egypte, obligé de se faire circoncire pour en "pénétrer les mystères", il fallait être circoncis pour être sacré prêtre d'Egypte. De nos jours, la circoncision reste une pratique confessionnelle chez les juifs et les musulmans et une tradition chez certaines peuplades africaines. Pour l'auteur Malek Chebel, en France même, ce "rite de passage", "purification" ou "alliance avec Dieu", concerne quelque trois millions de musulmans, trois cent milles juifs et des dizaines de milliers d’hommes d’autres origines également circoncis ou souhaitant l’être(1).
Qu'est-ce que la circoncision ?
La circoncision, ou posthectomie, est une intervention chirurgicale visant à retirer le prépuce, peau qui recouvre le gland. En général, la circoncision est pratiquée en période néonatale avant la sortie de la maternité, mais elle reste possible même à l'âge adulte. La circoncision est reconnue par la plupart des organismes de santé, comme un moyen de lutte contre les risques d'infection des voies urinaires, le cancer du pénis et les maladies sexuellement transmissibles.
Autrefois destinée à lutter, entre autres, contre la masturbation, la circoncision est de nos jours pratiquée pour des raisons, religieuses, d'hygiène et de prévention des infections sexuellement transmissibles, ou médicales par exemple lorsque le prépuce est trop serré pour être rétracté. Dans certaines régions d'Afrique, la circoncision est recommandée aux garçons et aux hommes plus âgés afin de réduire le risque de contracter certaines infections sexuellement transmissibles comme le VIH.
Circoncision : des avantages pour la santé ?
Selon certaines études, la posthectomie présenterait divers avantages pour la santé. C'est la conclusion qui fut rendue en 2007 lors d'une consultation internationale à Montreux (Suisse), réunissant un large éventail d'experts : gouvernements, membres de la société civile, chercheurs, défenseurs des droits de l’homme... Trois essais contrôlés randomisés(2) menés à Kisumu, Kenya, dans le district de Rakai, Ouganda et à Orange Farm, Afrique du Sud, auraient démontré que la circoncision réduit d’environ 60% le risque de transmission hétérosexuelle du VIH. Ces données confirment les conclusions de nombreuses études observationnelles qui suggéraient que la corrélation géographique décrite depuis longtemps entre une faible prévalence du VIH et des taux élevés de circoncision dans certains pays en Afrique et, plus récemment, ailleurs est, du moins en partie, une association causale. Actuellement, on estime que 665 millions d’hommes sont circoncis, soit 30% de la population masculine dans le monde(3).
Notons que ces études avaient pour but de déterminer l'efficacité de la circoncision contre la propagation de l'infection à VIH et autres IST, lors de rapports hétérosexuels, dans les pays les plus touchés par ces maladies. Ces essais sont-ils transposables aux pays développés, notamment d'Europe ? Certains affirment que non. C'est le cas des "intactivistes", farouches opposants à la circoncision, présentée à juste titre comme une mutilation, mais qu'ils comparent abusivement à l'excision. Car si dans les faits, il s'agit d'une mutilation génitale, la circoncision est loin de provoquer les mêmes souffrances et conséquences sur la sexualité des hommes. S [...]
