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De l'obsolescence du concept de paraphilie

Certainement parce que la quête de jouissance a historiquement été perçue comme le fruit d'une perversion morale, persiste en nous l'idée que la sexualité du plaisir se doit d'être vécue dans un cadre restrictif, une sorte de normalité garantie supposée de l'acceptation sociale.

Par Eric Royer
De l'obsolescence du concept de paraphilie

La psychiatrie à l'aube d'un renouveau ?

Malgré les efforts de clarification des psychiatres, le concept de paraphilie demeure extrêmement trouble. De toute évidence, la notion versatile de "norme", qui a présidé aux premières classifications psychanalytiques et psychiatriques des comportements sexuels, continue de peser sur la question. Si l'on s'en tenait à son étymologie, la paraphilie regrouperait l'ensemble des conduites sexuelles qui s'établissent en dehors, en marge, de la copulation, entendue comme un acte qui, ayant le pouvoir d'engendrer la vie, donne un sens aux choses du monde. À ce titre nous pourrions dire que seuls ceux et celles qui font l'amour uniquement dans un but procréatif échapperaient à la paraphilie. Mais ce n'est pas ainsi que la thématique est pensée sur le plan psychiatrique.

Le terme paraphilie, inventé par F.S. Krauss en 1903, n’est entré dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) qu’en 1980. Auparavant les paraphilies étaient abordées comme des perversions, des déviances sexuelles. Socio-sexuellement parlant, dévier c'est s'écarter de la voie à suivre pour être reconnu en tant qu'être socialisé. En d'autres termes l'être déviant adopte des comportements sexuels que la société considère incompatibles avec le respect des bonnes mœurs. Toutefois, en l'absence de référents universellement acceptés, le concept de déviance, tributaire de [...]

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