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Dysmorphophobie, le miroir déformant

La dysmorphie est le terme médical utilisé pour désigner l’anomalie d’un organe ou d’une partie du corps. La dysmorphophobie, ou trouble de dysmorphie corporelle, est un trouble obsessionnel du comportement caractérisé par une fixation toxique sur un défaut physique minime ou imaginaire.

Par Eric Royer
Dysmorphophobie, le miroir déformant

Un trouble psychiatrique qui prend racine dans l'adolescence.

Il n’est pas rare qu’à l’adolescence, filles et garçons se trouvent terriblement angoissés par leur apparence physique. Période trouble de la vie, l’adolescence se prête à bien des questionnements et transformations. Le rapport à autrui évolue et la séduction devient un outil de socialisation. À cet âge, ne pas plaire c’est assurément se retrouver sur le banc des laissés pour compte. Pour ne pas être frappés d’ostracisme, les adolescents prennent donc un soin démesuré à se conformer aux normes et modes du moment, et ce d'autant plus que l’influence des médias accentue leur propension à l’auto-évaluation et à la comparaison. Compte tenu de l’irréalité des modèles mis en avant, ils peuvent tous se trouver des motifs d’insatisfaction corporelle. Si la plupart arrivent à dominer leurs angoisses et faire la part des choses, pour d’autres la notion d’imperfection prend des allures de cauchemar et accapare toute leur attention au point où le moindre défaut, ou supposé tel, contamine négativement la perception globale de leur corporalité.

Claire à 16 ans elle ne supporte plus son acné et une cicatrice qu’elle a sur le front depuis sa petite enfance. Ses imperfections la hantent à tel point qu'elle se laisse sombrer dans une spirale de désocialisation. Elle s’enferme dans sa chambre quand elle n’a pas cours, passe des journées entières devant le miroir à scruter ses disgrâces physiques et questionne sans relâche ses parents quant à son apparence. Le vrai problème de Claire est qu’il n’y a pas de problème. Son hideuse cicatrice frontale n’est pas plus visible que ne l’est son acné. Cependant personne n’est en mesure de la rassurer, ni ses parents, ni ses amies, ni même le dermatologue qui la suit. Elle a pris l’habitude de se tartiner de fond de teint et coiffe ses longs cheveux de manière à ce qu’ils recouvrent la quasi intégralité de son visage. Elle s’abstient de porter des vêtements trop colorés pour éviter d’attirer les regards, persuadée qu’elle ne peut susciter que moquerie et médisance. Jusqu’à lors Claire était une brillante lycéenne, mais depuis une année et l’apparition de ses anxiétés, elle multiplie les absences en cours et passe plus de temps devant la glace, à parcourir les sites web qui recensent les meilleures techniques d’effacement des cicatrices et de traitement de l’acné, qu’à étudier. Son seul objectif est de rencontrer le dermato ou le chirurgien esthétique qui pourra la débarrasser définitivement de ses imperfections. Claire souffre de dysmorphophobie. 

La dysmorphie est le terme médical utilisé pour désigner l’anomalie d’un organe ou d’une partie du corps. La dysmorphophobie, ou trouble de dysmorphi [...]

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