Nous sommes tous des éjaculateurs précoces!

L'éjaculation précoce : un mythe à détruire.
À contresens de ce qui est couramment admis, nous serions tentés d'affirmer que la notion d’éjaculation précoce ou prématurée, dans le cadre de la sexualité du plaisir, n'a pas d'existence objective car elle induit la prise en compte d’un facteur temps dont la détermination relève du subjectif. Ce n'est qu'en matière de sexualité reproductive que l'épithète "précoce" devrait avoir une raison d'être et précisément lorsque l'éjaculation se produit en amont de l'intromission. En dehors de ce cas, il serait donc erroné de qualifier l'éjaculation de précoce ou de prématurée.
Si l'éjaculation est rarement précoce, elle est par contre naturellement rapide. N'oublions pas que nous venons du monde animal, que dans ce monde les mâles éjaculent en quelques secondes et certainement parce que le temps du coït est un temps où ils sont vulnérables, il est préférable que la chose ne s’éternise pas. Tous les hommes sont donc programmés pour éjaculer rapidement, il en est ainsi de l'ordre naturel et leur demander de retarder leur éjaculation, de la contrôler, c’est les sommer de rompre avec leurs caractéristiques innées.
L’éjaculation précoce une histoire culturelle.
Le concept d’éjaculation précoce trouve ses fondements dans la sphère culturelle. C’est au regard de ce que l’on attend en matière de performance sexuelle et non de reproduction que l’éjaculation est qualifiée de précoce ou de prématurée. En fonction des époques, et finalement du rapport qu’elles ont entretenu avec la jouissance et particulièrement celle des femmes, on a demandé aux hommes des efforts plus ou moins importants. Au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle, le combat des mouvements féministes pour faire reconnaître le droit des femmes à l'épanouissement sexuel porta en filigrane l'exigence d'une nouvelle approche de l'orgasme masculin. L’homme ne pouvait plus se conten [...]
