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Drague, #MeToo et la nouvelle donne

Par Eric Royer
Drague, #MeToo et la nouvelle donne

Sommes-nous en train de nous réveiller, de sortir d’une longue torpeur qui a donné les coudées franches aux prédateurs sexuels ?

Peut-on espérer que la prise de conscience ne soit pas qu’un éphémère médiatique, que sitôt l’effet de souffle passé nous ne retombions en léthargie ?  

La libération sexuelle n’a pas porté les fruits escomptés. Si le sexe avant les années 70 était soumis à une morale rigoriste, le sexe post seventies est devenu l’otage de ceux qui saisirent l’opportunité d’en faire un commerce juteux. Modelé par des individus autant corrompus que cupides, le concept de libéralisation s’est transmué en un plaidoyer pour le droit d’agresser sexuellement les femmes et au final, la libération sexuelle n’a jamais été synonyme de liberté sexuelle. Bien au contraire, l’esclavage sexuel est devenu – merci à tous ceux qui, sous couvert d’ouverture d’esprit, ont fait la promotion de la pornographie – la référence en matière de sexualité. A force de marteler leur discours, les pornographes ont réussi à faire accepter comme naturelle leur vision archaïque, bestiale et absurde des relations intimes. Dans l’univers pornographique, l’homme est un être décérébré, incapable de juguler ses pulsions primaires, obnubilé par sa sacro-sainte éjaculation finale. La femme quant à elle es un être secondaire, un faire-valoir de l’érection, sans autre liberté que celle d’offrir ses orifices à toutes sortes de pénétrations en miaulant à la lune autant que faire se peut. La bêtise sans fond de la pornographie et de ses productions, sa rhétorique qui se complait à naviguer dans les eaux putrides de la bassesse humaine, ses grand-messes commerciales, où de pauvres fil [...]

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