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Homophobie et transphobie, un pas de plus vers les ténèbres.

Vendredi 17 mai : journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie. « Je veux vivre dans un monde où les être seront seulement humains sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette. » Pablo Neruda.

Par Eric Royer
Homophobie et transphobie, un pas de plus vers les ténèbres.

Une société qui ne sait pas faire respecter le droit à la différence.

Les cas d’agressions homophobes se multiplient. Semaine après semaine nous découvrons des photos de visages tuméfiés, marqués par la violence aveugle et insensée que de sombres abrutis expriment au nom de tout et de rien. « Casser du pédé ou de la gouine » semble être devenu un jeu pour certaines franges de la population. Après plusieurs décennies pendant lesquelles nous pouvions supposer qu’au minimum l’esprit de tolérance s’était imposé, le rapport SOS Homophobie de 2018, faisant état d’une augmentation des plus significatives des témoignages d’agressions homophobes, nous rappelle à la réalité de ce monde où le développement des moyens technologiques au service de la connaissance de l’autre s’accompagne d’une montée des intolérances et d’un repli sur soi. Ce paradoxe des temps moderne, les homosexuels et les transsexuels l’expérimentent dans leur chair. Près de 90% d’entre eux ont rapporté avoir été victimes d’actes violents, moqueries, insultes et coups. 

La peur irrationnelle, vecteur des violences.

Homophobie et transphobie peuvent être définies comme la peur ou la haine irrationnelle de toutes personnes ne se conformant pas au modèle hétérosexuel. La trans-homophobie peut prendre la forme de propos offensants sur la communauté homo et trans, de brimades, d’agressions physiques ou de discrimination. À un niveau supra-individuel, ce sont les états qui, par des dispositions législatives pénales, encouragent la haine des homos et des trans. La trans-homophobie sévit aussi bien dans les pays industrialisés que dans ceux en développement, mais elle est plus vivace dans les contrées à forte dominante religieuse. Au Soudan, en Iran, en Arabie Saoudite, au Nigéria, en Somalie et en Mauritanie, l’homosexualité est passible de la peine de mort. Dans les États appliquant la charia, le recours à la lapidation pour punir les contrevenants à la loi divine est quasi systématique, Dieu éclaire les consciences ! Bien qu’un grand nombre de pays aient abrogé les lois discriminantes à l’égard de la communauté LGBT, en 2016 il restait encore 73 nations où l’homosexualité était frappée d’illégalité. Remarquons que d’une manière générale l’homosexualité est mieux acceptée en Europe de l’Ouest, Amérique du Nord et Amérique Latine [...]

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