La crise de la masculinité ou la fin des sociétés androcentrées.

Pour une métamorphose de l'idéal masculin.
Les révélations en chaîne des cas d’agressions sexuelles ont poussé sur le devant de la scène sociologique une question fondamentale : qu’est-ce qui ne va pas chez les hommes ? Après tout dans la grande majorité des cas ce sont eux qui se retrouvent sur le banc des accusés. La réponse pourrait être aussi simple que cynique : l’homme est pris dans une construction sociale surannée persistante qui le formate à la domination par la violence. De sa plus tendre enfance où on lui martèle qu’un garçon ne pleure pas comme une fille à son âge adulte où on lui demande « d’avoir des couilles », l’homme doit prouver à ses pairs qu’il est un dur.
La lutte sanglante entre les mâles pour l’obtention du pouvoir, en tant qu’élément génético-culturel, est une réalité intangible de l’univers des mammifères. Malgré ses prétentions d’espèce évoluée, l’homme n’y échappe toujours pas. Quelle différence fondamentale y-a-t-il entre deux gorilles qui s’écharpent pour le contrôle d’un harem et deux hommes qui se défient aux poings pour les beaux yeux d’une dame ? L’évolution est un concept très ambigu. Bien que la deuxième moitié du 20ème siècle ait vu se concrétiser des changements culturels radicaux, les déterminants du mâle sont fâcheusement restés inchangés : domination, contrôle, force physique et maîtrise des émotions. L’idéal masculin, auquel tout garçon est supposé aspirer, est façonné par des concepts dont l’obsolescence nourrit un conflit avec la nature du monde moderne.
