Les dangers de la démocratisation du BDSM
Des associations spécialisées dans la défense des femmes victimes de violence sexuelle, dénoncent pêle-mêle, porno-prostitution et BDSM. Si d’un point de vue strictement sexologique l’on pourrait critiquer la démarche en arguant d’un amalgame qui n’a pas lieu d’être, sur le plan sociologique il n’y a pas débat.

Le BDSM, n'est l'affaire que d'une minorité d'initiés.
La révolution sexuelle des années 70, renversant des décennies de carcans moraux, était censée ouvrir sur une libération des mœurs profitable à tout un chacun et aux femmes en particulier. Un demi-siècle plus tard, la désillusion est cruelle. Car de libération il n’y aura eu que celle des desseins les plus noirs. Pornographes, prostitueurs, pédophiles, éphébophiles, zoophiles et autres pervers, se sont largement revendiqués de cette licence d’agir pour couvrir leurs comportements toxiques d’une couche de vernis trompeur.
L'industrie du sexe a su exploiter à merveille les subtilités et failles du concept de liberté d'expression sexuelle et si bien réussi dans son entreprise de prosélytisme d’un érotisme corrompu et androcentré, que la société entière s’est pliée à la pornification. Échapper à la pornographie ne relève plus de la simple volonté. La mode, le cinéma, la publicité, en ont adopté les codes. L’idéologie de réification du corps féminin est devenue par leur zèle « artistique » une normalité. L’espace public s’est ouvert à la propagande médiatique des pornographes et la sphère privée subit son effraction via le net. La consommation croissante des contenus pornos banalise toujours plus les violences faites aux femmes. Leur gradation, du peu reluisant « porno à papa » au sordide porno hardcore, démontre une inéluctable fuite en avant. De l'objectification à la déshumanisation. Une dérive sadienne qui ne serait, selon les pornographes, que fantaisies érotiques sans conséquences. Et pourtant tout montre que l’idéologie porno est contaminante, que les consommateurs intègrent des schémas d’excitation psycho-génitale qui conditionnent leur fantasmatique et comportements sexuels. C’est un fait, et d’innombrable femmes témoignent de la volonté de leur partenaire d’incarner les « performances » et attitudes des hardeurs.
Les pornographes sont parvenus à rendre grand public des pratiques sexuelles s’inspirant de démarches érotiques alternatives autrefois réservées, non pas à une élite sociale, mais à des cercles d’initiés. Il en est ainsi du BDSM. Ensemble de disciplines qui fascinent ou rebutent, c’est selon, le BDSM n’est pourtant pas ce que les pornographes en montrent. Profitant de l’ignorance des uns et de la complicité avisée des autres, l’industrie du porno, toujours en recherche d’upgrade, s’est emparée de la thématique pour exalter sa conception d’une sexualité perverse centrée sur la coercition, la dégradation et l’humiliation. Quand les pratiquants BDSM accomplis donnent aux consentement éclairé et désir un caractère inaliénable, les pornographes mettent en exergue son exact contraire.
BDSM consensuel et responsable, l'antithèse du porno-BDSM.
Parce que la frontière entre expériences saines et malsaines est ténue, le BDSM consensuel et [...]
