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La rhétorique transactiviste à l'épreuve du déterminisme génético-émotionnel

La lutte transactiviste est aujourd’hui minée par sa frange transféminine qui impose une idéologie mortifère visant la négation de la femme en tant qu’être biologique, émotionnel, spécifique. Il est question d’effacer la femme, littéralement… le mot même est maintenant tabou.

Par Eric Royer
La rhétorique transactiviste à l'épreuve du déterminisme génético-émotionnel

L'incarnation du corps de l'autre, un rêve inaccessible

C’était un sujet interdit, il est aujourd’hui médiatique. Il était cas particulier, il interroge maintenant, sur un plan globalisé, la validation de ce que nous sommes en tant qu’être humain : femme, homme, l’un et l’autre, ni l’un ni l’autre... Notre vision de l’humanité se métamorphose avec en filigrane la question du genre et l’hypothèse d’une mécompréhension historico-culturelle des entités masculines et féminines affectant la vérité acquise, ou supposée l’être, de qui je suis. La théorie d’une construction sociale du genre avait ouvert une relecture pertinente des notions femme/féminin, homme/masculin, féminité/masculinité, et permis une meilleure appréhension de la question transidentitaire. Dévoyée au profit de la cause transactiviste elle sert maintenant à la production d’un discours aussi confus qu’inaudible et l’impossibilité de formuler une définition s’imposant à toutes et tous de ce qu’est une femme, un homme, un/une transidentitaire. 

Quel est ce corps que l'on désire ?

« Dès mon adolescence, j’ai su que je n’habitais pas le bon corps, je me sentais femme, pas homme. » Cette déclaration liminaire à nombre de coming out suppose, pour être recevable, que le concerné ait connaissance de l’exacte nature de la condition de femme. Or, sans en avoir expérimenté l’incarnation, l'identification à cet autre corps, ne repose que sur la spéculation, l’idéalisation et le fantasme, sur une représentation des fondamentaux féminins biaisée par la subjectivité. La conception de ces fondamentaux est d'ailleurs au cœur du conflit qui oppose transactivistes et féministes radicales. Les premiers ne valident que leurs dimensions esthétique et sociale. Les secondes privilégient la biologie, plus précisément la génétique, pour définir l'état de femme. Et on ne peut leur donner tort, car la génétique confère un statut hormonal spécifique qui, au-delà des caractères sexuels secondaires, génère une appréhension émotionnelle du monde intimement liée à la construction inaliénable du moi féminin.

On admettra, par exemple, quand bien même se sentirait-il féminine, qu'aucun homme n'est en mesure d'éprouver la gestion des menstrues, d'en percevoir les incidences émotionnelles et encore moins d'en référer. Pourtant, l'apparition des règles est un évènement majeur de la vie d'une jeune fille, un changement radical, symbolique, qui vers l'âge de 12 ans lui fait définitivement quitter [...]

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