Mouvement incel : le concept black pill

Le concept « black pill » du mouvement incel, entre rhétorique haineuse et passage à l'acte criminel.
Depuis le début des années 2000, la communauté incel s’organise autour d’un concept fondamentalement misogyne, « the black pill », caractérisé par un profond rejet de l’émancipation sexuelle des femmes. En clair, les femmes ne devraient pas avoir la possibilité de choisir leurs partenaires, car « cruelles et superficielles de nature, elles n’ont d’yeux que pour les beaux mâles » (sic).
À l’origine du concept « black pill » se trouve celui de « red pill » se référant à Matrix et la scène où Morpheus offre à Néo le choix de la révélation. Dans la manosphère être « redpilled » signifie avoir pris conscience de la nature vénale des femmes et de leur propension à ne s’accoupler qu’avec des hommes prestigieux.
Le « black pill » des incels va plus loin en affirmant que l’attractivité sexuelle des hommes est déterminée par des caractéristiques biologiques inaltérables : la forme du menton, des pommettes ou des yeux. De leur point de vue, les sociétés occidentales organisent une discrimination entre les êtres de valeur sexuelle inégale. Au sommet de la hiérarchie, les « Chads » et les « Stacy », hommes et femmes au fort sex-appeal. À l’étage inférieur, les « betas » (en opposition à alpha), les « cucks » ou les « normies », des hommes moyennement attirants. Au bas de l’échelle, les incels, des hommes repoussants, déplaisants qui ne pourront jamais convaincre une femme de leur consentir la plus petite faveur sexuelle. Un incel témoigne : « Toute notre vie nous devons endurer la douleur d’être si repoussants qu’aucune femme ne saurait même imaginer nous donner la moindre chance. Elles nous haïssent parce que nous sommes génétiquement inférieurs. Elles doivent souffrir, leur [...]
