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Plaidoyer pour l'abolition de la prostitution 1/3

Alors que le phénomène prostitutionnel gagne en ampleur, qu'en Europe des dizaines milliers de femmes se trouvent esclaves de réseaux proxénètes internationaux, certains dissertent sur le droit à disposer de son corps. Mais La prostitution ce n’est pas du baratin intello libéral, ce n’est pas le monde des idées, c’est du pragmatique nauséabond et dégueulasse à souhait.

Par Eric Royer
Plaidoyer pour l'abolition de la prostitution 1/3

Il n’y a pas de prostituées heureuses.

« La prostitution est le plus vieux métier du monde ». Par cet énoncé laconique et rebattu on tend à faire entendre que la marchandisation sexuelle du corps est une fatalité contre laquelle il est vain de se battre. La volonté d’abolir la prostitution ne serait donc que le vœu pieux d’utopistes humanistes ou de réactionnaires anti-sexe, ne comprenant pas que de tout temps elle s’est exercée par choix et non par contrainte. Or, l’imparable argument de la liberté de choix n’est en définitive que pure mystification, un procédé rhétorique de propagande, destiné à légitimer des activités marchandes mafieuses qui se chiffrent en milliards et suscitent étrangement la convoitise des grands argentiers de la zone euro. Rappelons que la Commission européenne avait suggéré en 2014 que tous les pays de l’Union intègrent à leur PIB les revenus de la prostitution ! Un encouragement à peine voilé à une légalisation de l’activité qui contenterait aussi bien les proxénètes que les grandes banques européennes. Mais la prostitution n’est pas une profession comme une autre, c’est une activité lucrative dans le meilleur des cas et une forme d’esclavagisme en règle générale. Selon les estimations les plus plausibles, 90% des prostituées vendraient leur corps contraintes et forcées, par des réseaux proxénètes, une dépendance aux drogues dures, une situation financière désespérée et/ou des antécédents traumatiques. Certes, quelques prostituées sont sincères en affirmant trouver dans la vente de prestations sexuelles à la fois le moyen d’assurer leur existence et une voie d’épanouissement. Toutefois elles sont si peu nombreuses que leurs cas ne peuvent servir de référence pour mener la réflexion sur la question prostitutionnelle. 


L'empowerment de la prostitution.

Comme le chantait Brassens : « Bien que tous les jours elles fassent l’amour, qu’elles se marient vingt fois par jour, la noce n’est jamais pour leurs fioles… ». Plus prosaïquement nous dirons que la réalité de la prostitution est tristement sordide, qu’elle s’inscrit dans un système violent, coercitif, aliénant et destructeur. Si quelques clients peuvent se montrer « aimables », pour la plupart la caution de l’achat justifie la maltraitance sexuelle. Pour s’en convaincre il suffit d’une visite sur un des sites dédiés aux amateurs de sexualité tarifée, tel Youppie.net. On s’y félicite d’avoir « défoncé », d’avoir « pris par [...]

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