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Plaidoyer pour l'abolition de la prostitution (2/3)

Alors que le phénomène prostitutionnel gagne en ampleur, qu'en Europe des dizaines milliers de femmes se trouvent esclaves de réseaux proxénètes internationaux, certains dissertent sur le droit à disposer de son corps. Mais La prostitution ce n’est pas du baratin intello libéral, ce n’est pas le monde des idées, c’est du pragmatique nauséabond et dégueulasse à souhait.

Par Eric Royer
Plaidoyer pour l'abolition de la prostitution (2/3)

Un métier comme un autre ?

Pour les promoteurs de la prostitution, l'activité devrait être reconnue comme un métier à part entière. Dans cette perspective ils considèrent que les prostituées sont des "travailleuses du sexe". Corrompre le débat par des biais de langage est devenu l'arme favorite de l'industrie du sexe qui en l'occurrence fait glisser la question prostitutionnelle sur le terrain de l'appellation et non plus sur celui de son bien-fondé. Cependant la duperie ne trompera que ceux qui s'obstinent dans le déni de la réalité.

Une exposition permanente aux dangers.

La question des IST.

Qu’elle s’exerce sur la voie publique, dans des maisons closes, des méga-bordels ou des appartements, la prostitution sera toujours une activité à haut potentiel de dangerosité. Alors que les infections sexuellement transmissibles, sida, syphilis, chlamydiose, gonorrhée, trichomonase, papillomavirus, gonococcie, hépatite B ou C et herpès génital, ont fait l’objet de campagnes visant à promouvoir les bonnes pratiques de prévention et que dans l’ensemble les prostituées ont une connaissance satisfaisante des risques, on observe un relâchement dû aux exigences de la clientèle pour le « naturel ». Concurrence oblige, de nombreuses filles pratiquent la fellation sans protection et le « Come In Mouth » (l’éjaculation dans la bouche). Une aberration sanitaire car quantité de bactéries et virus sont transmissibles par simple contact oral et d’autant plus facilement que l’utilisation répétée de bains de bouche et de brossages dentaires fragilisent muqueuses et gencives. En outre, moyennant un supplément, certaines acceptent d’avaler le sperme du client, et sur les forums, le nombre de posts faisant état de cette absurdité témoignent d'une fuite en avant inquiétante.

En 2018, une clinique d’infectiologie suisse a produit une étude portant sur 600 prostituées se déclarant en bonne santé. Résultat, 20% d’entre elles étaient porteuses d’infections silencieuses (ni douleurs, ni symptômes) dues aux agents pathogènes, de la gonorrhée, de la chlamydiose et de la syphilis. La Haute Autorité de Santé a de son côté démontré que les troubles uro-gynécologiques non liés à des IST, vaginose, candidose et inflammations pelviennes, étaient entre deux et quatre fois plus fréquents parmi la population des prostituées. À la liste déjà impressionnante de problèmes sanitaires, se rajoutent les lésions des muqueuses vaginales et anales provoquées par la multiplication des coïts brutaux. 

Si la réflexion statistique permet de déterminer l’impact moyen de l’activité prostitutionnelle en matière de santé, elle ne permet pas de refléter la disparité des situations. Il est sûr que celles qui officient sous la férule de gangs mafieux particulièrement violents et doivent se plier à toutes les exigences de la clientèle, sous peine de mesures rétorsives, sont nettement plus exposées que les autres. Idem pour celles qui se prostituent en raison de leur addiction aux drogues dures et acceptent souvent pour une dizaine d’euros toutes sortes de pratiques à risque. Nous pourrions aussi évoquer le cas de celles qui ont passé l’âge ou qui ne présentent pas un physique commercialement avantageux et qui pour survivre n’ont d’autres choix que de vendre leurs services à bas prix aux plus ténébreux des clients. 


Prostituées à Téhéran. Shirin Fakhim. 2009.

Le pervers sexuel, rencontre à haut risque.

La population des consommateurs est majoritairement constituée d’hommes qui par nature affectionnent d’objectiver le corps fé [...]

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