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Pour Agnès Giard, la "culture du viol" est un concept contre-productif !

Démonter un concept déterminent dans la lutte contre les agressions sexuelles, pour saper les fondements du féminisme radical, tel est, semble-t-il, l'objectif caché d'Agnès Giard, docteure en anthropologie.

Par Eric Royer
Pour Agnès Giard, la "culture du viol" est un concept contre-productif !

Une attaque dissimulée du féminisme radical.

Lundi 29 juin, Libération a publié un article étrange sur la culture du viol. On ne sait très exactement à quoi joue le journal ni quelle vague il souhaite suivre pour survivre, mais il semble aujourd’hui errer au gré des courants pseudos libertaires comme un bateau ivre. Donc, un article sur la « culture du viol » signé Agnès Giard, docteure en anthropologie, dont le journal livre un c.v plutôt flatteur. Dans des sociétés du tout médiatique où, on l’aura compris, la communication se doit d’être percutante pour se faire entendre, « culture du viol » sonne comme une claque et c’est bien ce que l’on attend d’une expression qui tend à réveiller les consciences. 

Parce qu’il est de bon ton de prendre de la hauteur et d'analyser les problèmes sociétaux avec distance et froideur, quelques bien-pensant.es se croient légitimement investi.es d’une mission : corriger les élans des activistes les plus virulents.es en produisant des contre-argumentaires inspirés par une supposée tempérance intellectuelle. Dans l’idée, nous avons eu droit à « la liberté d’importuner », une tribune aussi anachronique que ses signataires, qui a cherché à faire barrage au tsunami de la révolte déclenché par le séisme #MeToo. Mais le temps n’est plus aux tergiversations oiseuses, à la circonspection policée, la prise de parole et les actions se doivent d’être radicales pour en terminer avec certaines situations intolérables. Ce n’est toutefois pas la priorité que s’est fixée Agnès Giard, qui préfère disserter sur l’évolution du concept de « culture du viol », devenu selon elle contre-productif que mettre son talent et ses compétences, au service d’une cause dont il serait absurde de nier l’intérêt supérieur. 

Pour défendre son propos, Giard multiplie les contre-vérités, les approximations, les raccourcis tendancieux et les erreurs historiques. Dès les premières lignes de l’article on se demande si elle a seulement pris la peine de lire ne serait-ce que la fiche Wikipédia dédiée au sujet. Car le concept et l’expression apparaissent aux USA au début des années 70 et non à la fin des années 2000 comme le soutien l’universitaire, expliquant dans la foulée qu’ils ont été [...]

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