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Pour une vraie révolution sexuelle avec la Génération Z

L'émancipation en mode féministes pro-sexe et sexpositif ne convainc plus.

Par Eric Royer
Pour une vraie révolution sexuelle avec la Génération Z

La fin des illusions pro-sexes.

Début des années 80, après une remarquable décennie de combat unitaire, le féminisme entame une phase de dispersion politique. Le mouvement se fragmente en plusieurs chapelles ayant des visions contrastées de l'émancipation et des moyens d'y parvenir. Pour les féminismes sexpositif* et pro-sexe*, la libération sexuelle, au-delà de l’épanouissement personnel, présente l'opportunité de contester le contrôle patriarcal de la sexualité, autrement dit d’investir politiquement la sphère des relations intimes. À leur objectif primordial d’une reconnaissance pleine, entière et différenciée du féminin érotique, se greffent naturellement ceux d’une libre exploration des champs de la sexualité hédoniste et d’un abandon des référents moraux pour juger de la validité sociale des fantaisies érotiques féminines.

Parfaite dans l’idée, cette ambition émancipatrice ne saura pourtant pas métamorphoser la nature des relations intimes. Car pro-sexes et sexpositives vont, à revers du féminisme de la seconde vague, considérer la pornographie comme un espace de déconstruction des stéréotypes de genre, de promotion de l’empowerment sexuel et un modèle cohérent d'éducation à la sexualité hédoniste. Si la proto-industrie du sexe se félicite publiquement des positions féministes sexpositives et pro-sexes, se veut partenaire de la lutte libertaire, de l'empowerment et se dit prête à jouer le jeu, elle ne compte pas en réalité modifier une représentation du féminin érotique qui fait bander les hommes, ni laisser une poignée de militantes s'approprier un business générant, déjà, des millions de dollars. Le porno restera le porn [...]

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