Violences conjugales : finalement, je suis partie...
OSPHÈRES TÉMOIGNAGES - VIOLENCES CONJUGALES

Le désordre des choses.
J’avais un peu plus de 18 ans, et déjà toute une vie déroulée tel un vieux parchemin, plus ou moins lisible et même effacé par endroits, allez savoir pourquoi. Du plus loin que je me souvienne, des pans entiers d’une existence tourmentée. Jusqu’à cette époque où le sein de ma mère me semblait si gros, les chats de ma grand-mère de véritables tigres. Et ce petit soulier de la poupée de porcelaine, qui m’était chaque fois promis si je finissais cette satanée soupe de vermicelle ! Je ne me souviens pas l’avoir jamais chaussé, il était pourtant à ma taille. C’est étrange les souvenirs, comme certains vous poursuivent et d’autres vous fuient. Ils sont pourtant notre identité, ils font de nous qui nous sommes et surtout, qui nous croyons être. Alors finalement, en être arrivée là, c’était sans doute dans le désordre des choses.
La violence, c’est un peu comme une maladie chronique dont on ne peut jamais se débarrasser tout à fait, tout au moins pas toute seule. Le plus souvent, tout recommence, encore et encore.. et avec le temps, on finit presque par trouver ça normal, alors on s’adapte. Si aujourd’hui je connais ces mécanismes, à l’époque, je les ignorais mais une chose est sûre : [...]
